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Troubles de l'identité de genre (transsexualisme)
transformation HF
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TROUBLES DE L'IDENTITE DE GENRE (ou TRANSSEXUALISME)
M. Revol (septembre 2009)

 

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Chaque être humain présente trois caractéristiques bien distinctes :

  • le sexe biologique, mâle ou femelle, qui est inscrit dans le corps (organes génitaux, chromosomes)
  • le genre, masculin ou féminin, qui est inscrit dans l'esprit, et qui est la conviction que l'on a d'être un homme ou une femme
  • et l'attirance sexuelle, vers le sexe opposé, vers le même sexe (homosexualité), vers les deux (bisexualité), ou vers aucun des deux.

Lorsqu'une personne a la conviction d'appartenir au genre opposé à son sexe biologique, on parle de trouble de l'identité de genre ou de transsexualisme. On distingue ainsi les personnes qui sont des mâles biologiques mais qui se sentent femmes (transsexualisme masculin, ou HF pour Homme-Femme, ou MtF pour Male-to-Female), et celles qui sont des femelles biologiques mais qui se sentent hommes (transsexualisme féminin, ou FH pour Femme-Homme, ou FtM pour Female-to-Male).
Mal connue, la prévalence du transsexualisme varie, selon les pays et les publications, de 1 pour 12000 à 1 pour 37000 mâles biologiques, et de 1 pour 30000 à 1 pour 110000 femelles biologiques. Le transsexualisme masculin (MF, ou MtF) serait donc trois fois plus répandu que le transsexualisme féminin (FH, ou FtM). En réalité, les chiffres exacts sont d'autant plus difficiles à obtenir que les différences culturelles d'un pays à un autre modifient non seulement l'expression de ces troubles de l'identité de genre, mais aussi la façon dont ils sont perçus par la société en général et par la médecine en particulier.


Le service de chirurgie plastique de l'hôpital Saint-Louis participe depuis 1978 à la prise en charge chirurgicale du transsexualisme, de façon multidisciplinaire avec les équipes de psychiatrie des hôpitaux Foch et Sainte-Anne, le service d'endocrinologie de Cochin, et le service de gynécologie de l'hôpital Foch. Cette prise en charge est faite dans le cadre d'un parcours de soins qui répond aux critères de la Haute Autorité de Santé  (HAS), à ceux de la SoFECT, et à ceux des standards de soins internationaux (WPATH).

Ce protocole comprend une période d'évaluation psychiatrique dont le but est d'une part d'éliminer des problèmes ou des pathologies qui pourraient se manifester par un sentiment dysphorique de genre, et d'autre part d'évaluer avec la personne concernée les bénéfices et les risques d'une éventuelle décision de transformation corporelle en rapport avec son contexte et ses propres vulnérabilités.

Cette première phase si elle est positive est suivie de l'accompagnement d'une expérience de vie réelle dans l'apparence du sexe désiré afin d'évaluer les capacités d'adaptation et les enjeux réels. Cette phase prend de un à deux ans selon les personnes. Cette évaluation psychiatrique est systématiquement complétée par l'avis d'un deuxième psychiatre spécialisé de l'équipe, et par un bilan endocrinien complet.

Les médecins psychiatres, endocrinologues, chirurgiens et psychologues de l'équipe se réunissent régulièrement sous forme d'une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui décide de la prise en charge la plus adaptée au trouble. Lorsque le transsexualisme est confirmé et que la personne le demande, ce qui est le cas le plus fréquent, c'est une transformation hormono-chirurgicale (THC) qui est proposée, en deux temps. L'éligibilité au traitement hormonal est décidée au bout d'un an de suivi ; l'éligibilité au traitement chirurgical au bout de 2 ans. La nature de la transformation , qui est en fait une confirmation du genre, varie évidemment selon le sexe biologique.

Dans tous les cas, cette transformation doit être suivie par un changement d'état civil (ordonné par jugement du tribunal de grande instance du lieu du domicile), et le traitement hormonal doit être poursuivi à vie (pour éviter une ostéoporose et des fractures).

 

 



 
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