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HYPERTROPHIE MAMMAIRE |
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J. Cuminet, M. Revol, J.M. Servant (janvier 2001) |
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(fiche d'information 2006 format pdf) Les techniques de "plastie mammaire de réduction" (ou "mammoplastie de réduction") sont utilisées dans les cas où il existe une hypertrophie mammaire, syndrome associant une augmentation de volume des seins à une ptôse (ou chute du sein) liée à la pesanteur. Le volume d’un sein considéré actuellement comme « normal » en France se situe entre 200 et 350 cm3. On considère que de 400 à 600 cm3, l’hypertrophie est "modérée", que de 600 à 800 cm3 , l’hypertrophie est "assez importante", que de 800 à 1000 cm3 elle est "importante", et qu’au delà de 1000 cm3 elle est "très importante". Le terme de "gigantomastie" est réservé aux seins dépassant 1500 cm3 . Il n’existe pas de frontière nette entre un « sein normal » et une « petite hypertrophie » simplement disgracieuse. De même, il peut être difficile de distinguer un hypertrophie de moyenne importance et une hypertrophie très importante, voire une gigantomastie, qui appartiennent au chapitre de la pathologie, en raison de leurs retentissements locaux, généraux et psychologiques. Toutes ces distinctions sont subjectives et relatives. La plupart des femmes qui consultent pour cette chirurgie sont handicapées (diminution des activités, inconfort physique) par une poitrine volumineuse et ptôsée. Le seul critère de définition de la disgrâce devient alors celui de la souffrance de la patiente, à l’origine de la demande de correction chirurgicale Les impératifs de la chirurgie de réduction mammaire sont : - la diminution du volume mammaire - le repositionnement et la viabilité de la plaque aréolo-mamelonnaire - des cicatrices cutanées les plus discrètes possibles - une forme harmonieuse et stable, adaptée à la morphologie de la patiente et à ses désirs.
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Habituellement, la demande de correction chirurgicale vient des conséquences du retentissement général de l’hypertrophie. Localement, dans le cas d’une hypertrophie importante, une macération cutanée au niveau du sillon sous-mammaire peut-être observée, pouvant être responsable de véritables lésions infectieuses. L’hypertrophie mammaire entraîne souvent des modifications posturales (excès de poids vers l’avant), que la patiente adopte, plus ou moins consciemment, dans le but de dissimuler la taille de ses seins (cyphose dorsale, épaules projetées en avant). Ces attitudes peuvent persister même après l’intervention. La statique vertébrale étant modifiée par la cyphose dorsale, des douleurs cervicales et scapulaires sont fréquemment observées (lordose sous-jacente compensatrice). Il peut exister un contexte d’obésité, l’hypertrophie mammaire ne représentant alors qu’un élément du syndrome général. La chirurgie de réduction mammaire fait partie d’un des aspects du traitement de l’obésité, mais sous certaines conditions. En effet, chez l’obèse, le risques de complications chirurgicales est augmenté et les résultats esthétiques sont le plus souvent médiocres. Une réduction puis une stabilisation du poids sont des préalables indispensables avant d’envisager une correction chirurgicale. Une consultation diététique spécialisée peut permettre d’atteindre cet objectif. La chirurgie de réduction mammaire doit donc s’inscrire dans une dynamique d’amaigrissement. L’âge est aussi un élément important à prendre en compte. Le développement mammaire étant achevé entre 15 et 16 ans, il est possible dès cet âge d’envisager une intervention correctrice lorsque l'hypertrophie est gênante. A cet âge, les qualités mécaniques de la peau sont meilleures, la glande est plus plastique. Ceci aura pour conséquences une réadaptation plus facile de la peau sur le volume glandulaire réduit, avec des cicatrices plus courtes, un résultat morphologique meilleur et un sein plus stable dans le temps. Mais, le risque de cicatrices hypertrophiques est plus important. A l’inverse, l’hypertrophie mammaire de la femme non obèse après 40 ans, est souvent constituée par une glande dystrophique ou mastosique, glande qui sera donc plus difficile à modeler, soit par une glande en involution graisseuse. La peau ayant de moins bonnes qualités mécaniques, les cicatrices seront plus longues, mais elles seront de bonne qualité, souvent fines. L’âge élevé d’une patiente ne peut constituer en soit une contre-indication à une plastie mammaire de réduction. Dans le cas où une intervention est décidée, il faut respecter un délai de 2 ans après l’intervention avant d’envisager une grossesse. Des mammographies bilatérales, et/ou échographie mammaire, sont nécessaires chez les femmes de plus de 35 ans, ou chez les femmes présentant des antécédents personnels et/ou familiaux particuliers. Dans tous les cas, il est recommandé de faire pratiquer une mammographie quelques mois après l’intervention, afin de servir de référence à la surveillance ultérieure des seins. |
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LES CICATRICES Même si l’intervention apporte une amélioration fonctionnelle (habillement, sport, disparition des douleurs dorsales), elle impose des cicatrices importantes. La cicatrice a la forme d’un T inversé ou d’une verticale. Dans la plupart des cas, les cicatrices s’estompent au bout de quelques années, mais elles ne disparaissent jamais. Elles sont indélébiles, comme toutes les cicatrices. L’aspect esthétique de la cicatrice est imprévisible. Elle peut rester fine, s’élargir, ou devenir épaisse voire chéloïde (plus fréquent sur les peaux pigmentées). Elle peut être rouge ou violacée pendant plusieurs mois. Elle évolue pendant un an, voire deux ans. Les cicatrices doivent être protégées du soleil pendant plusieurs mois. En cas de technique à cicatrice verticale, le sein ne prendra sa forme définitive qu’au bout de 2 mois environ. L’aspect du sein est très laid pendant les premières semaines, et ne doit pas inquiéter. (pour avoir plus de détails sur les cicatrices en général : cliquer ici) |
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AVANT L’INTERVENTION
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MODALITÉS PRATIQUES CONCERNANT L’INTERVENTION La plastie mammaire de réduction pour hypertrophie est une intervention prise en charge par la sécurité sociale. · L’entrée à l’hôpital se fait soit la veille de l’intervention avant 17 heures, soit le matin même de l'intervention. · L’intervention est pratiquée sous anesthésie générale, en position demi-assise, bras le long du corps. Elle dure environ 3 heures. · Un drainage par redons ainsi qu’un pansement compressif à l’Elastoplast sont mis à la fin de l’intervention. · La durée de l’hospitalisation est habituellement de 3 à 4 jours. · Les drains n’empêchent pas la sortie si elle est possible. · Un soutien-gorge de sport en tissu élastique de maintien est à porter jour et nuit pendant 6 à 8 semaines après l'intervention (soutien-gorge sans armature, s'ouvrant si possible par devant).
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COMPLICATIONS IMMÉDIATES
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APRÈS L’INTERVENTION · Les fils sont enlevés entre le 10ème et le 21 ème jours. Des fils résorbables peuvent aussi être utilisés par le chirurgien. Un arrêt de travail de 2 à 3 semaines est en général nécessaire. · Des consultations de contrôle sont effectuées 3 mois, 6 mois, et un an après l’intervention. · En cas de sécheresse cutanée importante après la chirurgie, une crème hydratante peut être appliquée sur les seins. Si les cicatrices sont hypertrophiques, des injections de corticoïdes retard intra cicatriciel peuvent être nécessaires. Le port de charges lourdes est déconseillé pendant une période d’1 mois après l’intervention. Les premières règles suivant l’intervention peuvent provoquer douleurs et tensions au niveau des seins. Des retouches chirurgicales peuvent également être nécessaires, sous anesthésie locale ou générale. · Le sport est interdit pendant 2 mois. PROBLÈMES PARTICULIERS · Les grossesses pouvant modifier la forme du sein, il est conseillé d’attendre au moins un an avant d’envisager une grossesse. · Les possibilités ultérieures d’allaitement en cas de grossesse sont imprévisibles, car un grand nombre des canaux galactophores est coupé pendant l'intervention. Toutefois, même dans les cas où l'allaitement reste possible après l'intervention, il reste déconseillé pour éviter de trop grosses déformations du sein.
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