|
GYNÉCOMASTIE |
|
M.
Revol, J. Cuminet, J.M. Servant (mars 2001) |
fiche
d'information (format pdf)
|
|
|
|
La
gynécomastie est un développement
excessif des seins chez l’homme, d’un seul côté ou des
deux côtés, de façon symétrique ou non.
Elle
est généralement peu ou pas douloureuse, mais elle peut parfois
s’accompagner d’une sensibilité de la poitrine.
Théoriquement,
la véritable gynécomastie n’est liée qu’à la glande mammaire, et
la fausse gynécomastie ne contient que de la graisse. En pratique, les
deux composantes, glandulaire et graisseuse, sont très souvent associées. |
 |
 |
 |
| exemples
de gynécomasties discrètes |
gynécomastie
unilatérale gauche |
 |
 |
 |
| exemples
de gynécomasties bilatérales |
|
|
La
gynécomastie est très fréquente, en particulier à
certaines périodes de la vie : chez le nouveau né (60% des cas),
puis au moment de la puberté (60% des cas) où elle disparaît généralement
en moins de deux ans. Chez l’homme adulte, la gynécomastie survient
dans 30% des cas environ (jusqu’à 60% des cas après 70 ans). |
|
Dans
la grande majorité des cas, la gynécomastie est normale,
ou « physiologique », ou « idiopathique »,
c’est à dire qu’aucune cause n’est retrouvée. Toutefois, avant de
pouvoir l’affirmer, il faut pratiquer un bilan complet, à la recherche
d’une éventuelle cause pathologique ou médicamenteuse. Ce bilan doit
être réalisé par un médecin endocrinologue. Il comprend un
interrogatoire, un examen clinique, et une prise de sang. Une échographie
et/ou une mammographie sont souvent utiles pour préciser la composante
glandulaire et éliminer une tumeur.
Parmi
les causes pathologiques,
c’est à dire parmi les maladies qui sont susceptibles d’entraîner
une gynécomastie, il faut citer :
 |
les
tumeurs du testicule, de la surrénale, de l’hypophyse, du poumon |
 |
le
syndrome de Klinefelter, caractérisé par l’existence chez un homme
d’un, deux, ou trois chromosomes X surnuméraires (http://www.aaa.dk/turner/French/Klinefelter.htm) |
 |
maladies
du rein, de la thyroïde, la cirrhose du foie. |
 |
Insuffisances
testiculaires (hypogonadisme). |
Parmi
les causes médicamenteuses,
c’est à dire parmi les médicaments qui sont susceptibles d’entraîner
une gynécomastie, il faut citer : les oestrogènes, la cimetidine (TAGAMET®),
la spironolactone (ALDACTONE®, ALDACTAZINE®).
|
|
Lorsqu’une
cause est retrouvée, c’est bien sûr elle qui doit être traitée en
priorité.
Dans
certains cas, un traitement hormonal pourra être prescrit par
l’endocrinologue pour réduire la gynécomastie. |
|
Le
traitement chirurgical de
la gynécomastie ne doit être envisagé qu’après échec du traitement
médical. Ce traitement s’adresse particulièrement aux formes gênantes
par leur volume ou leur sensibilité, ainsi qu’aux gynécomasties
psychologiquement mal tolérées. Chez l’adolescent, il faut attendre
environ 2 ans d’évolution avant d’envisager la chirurgie.
La
lipoaspiration est une méthode qui ne peut être envisagée seule que
dans le cas où le contenu des seins est constitué uniquement par de
la graisse (fausses gynécomasties).
Dans
le cas des véritables gynécomasties, la
glande mammaire, qui est dure, ne peut pas être aspirée. Elle ne
peut être retirée que chirurgicalement. Tout dépend alors de la taille
du sein et de l’élasticité de la peau.
 |
Lorsque
la peau est élastique, et que le sein n’est pas trop gros, ce qui
est la majorité des cas, toute l’intervention peut être réalisée
par une incision courte et discrète. Située en périphérie de la
moitié inférieure de chaque aréole, elle représente un petit
demi-cercle. |
 |
En
revanche, lorsqu’il existe un excès important de peau et qu’elle
n’est pas élastique, les incisions sont horizontales, plus ou moins
longues, situées au niveau des aréoles. |
 |
Enfin,
dans le cas où le volume des seins est très important, les incisions
horizontales sont bas situées, et les aréoles sont amputées et
greffées. |
|
|
SUITES DE L'INTERVENTION
 |
La cure
chirurgicale d'une gynécomastie est une intervention
prise en charge par la sécurité sociale. |
 |
L’entrée à
l’hôpital se fait soit la veille de l’intervention avant 17 heures,
soit le matin même de l'intervention. |
 |
L’intervention
est pratiquée sous anesthésie générale. Elle dure de 1 à 2 heures. |
 |
Un drainage
aspiratif par
redons ainsi qu’un pansement compressif sont mis à
la fin de l’intervention. |
 |
La durée de
l’hospitalisation est habituellement de 2 à 4 jours. |
 |
Les drains n’empêchent
pas la sortie si elle est possible. |
 |
La
douleur postopératoire est habituellement minime. Dans tous les cas,
elle est facilement contrôlée par les médicaments antalgiques
usuels. |
 |
Un vêtement
compressif (boléro) doit être porté en permanence pendant un ou
deux mois. Il a pour but d'appliquer la peau décollée sur son
sous-sol. |
 | Les fils sont retirés entre le 10ème et le 20ème
jours après l'intervention. |
 | L'arrêt de travail prescrit est habituellement de 2
à 3 semaines. |
 | Le sport, les mouvements violents, le port de charges
lourdes, sont interdits pendant un à deux mois. |
 | Des consultations de contrôle sont nécessaires
jusqu'à la stabilisation du résultat, qui ne peut être apprécié
qu'au bout de 6 à 12 mois. |
|
|
|
|
|
|
|
|
COMPLICATIONS
POSSIBLES
 | Hématome,
épanchement liquidien : très fréquents, et possibles malgré
le drainage. Leur évacuation peut nécessiter une réintervention
sous anesthésie générale. |
 | Infection,
nécrose de l’aréole. Plus rares, mais pouvant conduire à la perte
partielle ou totale de l’aréole. |
 | Cicatrices.
Comme pour n’importe quelle cicatrice du corps,
l’évolution s’étale sur 6 à 12 mois au moins, avec une phase
de rougeur et d’induration initiale de la cicatrice pendant 2 à 3
mois (voir cicatrisation).
Une hypertrophie des cicatrices est possible, pouvant nécessiter un
traitement propre (voir cicatrices
hypertrophiques). |
 | Risques
de l'anesthésie générale. |
|
| Nécrose partielle
de l'aréole droite, associée à un excés cutané résiduel. |
 |
 |
|
|
RÉSULTATS
INESTHÉTIQUES
Sans
parler des ecchymoses de la région opérée, qui peuvent être très
étendues, mais qui sont normales et disparaissent spontanément en
quelques semaines, il faut insister sur deux aspects inesthétiques dont
le risque est relativement fréquent :
 | Correction insuffisante, avec
excès résiduel de graisse sous-cutanée et/ou de peau. |
 | Aspect
concave (« en creux ») de la poitrine, lié à l’épaisseur
de la couche graisseuse résiduelle autour du sein qui a été retiré.
Une lipoaspiration complémentaire peut être proposée pour l’atténuer. |
 | Aspect
plus ou moins fripé de la poitrine, lorsque la peau ne s’est
pas rétracté suffisamment ni correctement. Cet aspect ne peut être
amélioré qu’au prix d’une cicatrice horizontale plus ou moins
longue sur le sein, car il faut retirer la peau en excès. |
|
| |
 |
Mauvaise rétraction
de la peau, qui est fripée. La correction de cette déformation
nécessite des cicatrices horizontales longues sur chaque sein. |
|
|
|
|
Pour en savoir plus :
 | Pour les anglophones désireux de
se renseigner sur Medline, la traduction
de « gynécomastie »
est tout simplement « gynecomastia ».
|
|
|
|
Contact : webmaster@hopitalsaintlouis.org
|
|