ALGODYSTROPHIE DE LA MAIN

ou "SYNDROME DOULOUREUX REGIONAL COMPLEXE de type 1" (SDRC 1)

M. Revol, J.M. Servant (janvier 2007)


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L’algodystrophie (ou syndrome douloureux régional complexe de type 1, SDRC 1) est une complication imprévisible qui peut survenir après n’importe quel traumatisme de la main ou du poignet, même mineur, et après n'importe quelle intervention chirurgicale sur la main, même mineure. 

Sa fréquence de survenue après une intervention chirurgicale, mal connue, est très variable ; ainsi, après une intervention pour maladie de Dupuytren, elle est estimée à 10% des cas chez l’homme, et 30% des cas chez la femme.

On sait que l’algodystrophie fait intervenir le système nerveux sympathique, mais en fait, on ignore sa cause, ce qui explique que son traitement n’est pas encore strictement codifié.

LES SIGNES de l’algodystrophie de la main sont appréciés par rapport à la main saine. Ils évoluent dans le temps. Ils associent d’une façon inconstante et variable :

  1. Une douleur, qui débute souvent de façon brutale après un intervalle libre de quelques jours à quelques semaines après l’intervention. Cette douleur est diffuse, dans un territoire qui n’est pas celui des nerfs sensitifs. Elle est profonde, et touche les articulations des doigts. Elle est souvent à type de brûlures ou de décharges électriques, et elle augmente à la moindre stimulation, au chaud ou au froid, aux émotions, aux mouvements. Certains cas d’algodystrophie sont cependant indolores.

  2. Une impotence fonctionnelle de la main, avec une réduction de la mobilité articulaire, qui est due à la douleur au début, mais qui comporte secondairement un risque d’enraidissement articulaire.

  3. Des modifications de la peau et des tissus mous, avec

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Un œdème de la main, qui gonfle

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Des troubles de la coloration de la peau, qui peut être rouge, ou pâle ou légèrement bleutée

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Des troubles de la température de la peau, avec une main chaude ou froide

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Des troubles de la sudation, à type d’excès de transpiration (hyperidrose) puis de sécheresse de la peau (anidrose)

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Des troubles trophiques de la peau (atrophie cutanée ou graisseuse), des ongles, des poils (hypertrichose au début, puis disparition des poils).

 
Exemple d'algodystrophie mineure. 3 mois après intervention pour syndrome du canal carpien, l'aspect de la main droite est encore rouge, oedémateux et luisant, avec des douleurs de la région de la paume.

 

La radiographie de la main peut montrer des signes d’ostéoporose et de déminéralisation des os de la main. En fait, elle est inutile au diagnostic précoce, car ces signes sont inconstants et, lorsqu’ils existent, ils n’apparaissent que de façon tardive.

La scintigraphie osseuse de la main  est l’examen complémentaire le plus utile pour confirmer précocement le diagnostic d’algodystrophie. Cet examen consiste à injecter dans une veine du pli du coude un produit radioactif (contenant du technétium) qui se fixe sur les os. Les mains sont alors photographiées par une gamma-caméra spéciale, en 3 temps : d’abord au moment de l’injection (pour étudier la vascularisation), puis dans les minutes qui suivent (pour étudier les tissus mous), puis quelques heures après (pour étudier les os). En cas d’algodystrophie, la main atteinte fixe plus de produit radioactif que la main saine.

LE TRAITEMENT de l’algodystrophie semble d’autant plus efficace qu’il est entrepris précocement. Il n’est pas strictement codifié, et peut faire appel aux médicaments et aux techniques de la rééducation.

1. Parmi les médicaments habituellement utilisables, il faut citer :

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Antalgiques

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Anxiolytiques

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Antidépresseurs

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Corticoïdes

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Alpha-bloquants (guanéthidine, utilisée selon la technique du bloc régional intraveineux)

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Vasodilatateurs (buflomedil, utilisé selon la technique du bloc régional intraveineux)

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Béta-bloquants

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Biphosphonates

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NB. la Calcitonine injectable n'a plus d'AMM dans cette indication

2. La rééducation a pour but d’éviter les enraidissements articulaires. Le principe de base est d’entretenir la mobilité des articulations sans entraîner de douleurs ni augmenter celle qui existe. De nombreux moyens sont utilisables pour cela :

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Bains alternés ou « écossais » (chaud et froid)

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Thermothérapie par le chaud (infrarouges, paraffine) et le froid (eau glacée)

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Électrothérapie (basses fréquences, ionisations)

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Pressothérapie

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Massages et mobilisations articulaires douces

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Ergothérapie

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Orthèses de repos et orthèses dynamiques

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Mise en charge active progressive du membre supérieur (brossage, port de charges)

L‘ÉVOLUTION  de la maladie dure plusieurs mois. 

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Dans 60 à 75% des cas elle peut disparaître sans séquelles en 6 à 12 mois. 

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Dans 25 à 40% des cas, elle peut durer plus longtemps (jusqu’à 2 ans), et laisser des séquelles définitives à type de raideurs articulaires, de perte de force, et/ou de douleurs.

 


Pour en savoir plus :

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Fiche d'information du service (pdf)

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« L’algodystrophie de la main ». Livre à auteurs multiples, sous la direction du Dr Guy Foucher. Springer-Verlag France, Paris, 1995 (130 pages).

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Pour les anglophones désireux de se renseigner sur Medline, la traduction du mot « algodystrophie » est  « reflex sympathetic dystrophy ». Le terme « sympathetically maintained pain syndromes » (SMPS) a aussi été proposé dans le cadre général des « complex regional pain syndromes » (CRPS).

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bullet Nous ne répondons plus aux questions concernant l'algodystrophie. Consultez plutôt votre médecin traitant en premier lieu, sinon un médecin de consultation contre la douleur. Prenez aussi contact avec l'Association Française des Malades Atteints du Syndrome d'Algodystrophie (AFMASA), qui a pour but de réunir les personnes atteintes du syndrome et/ou leurs proches.

 

 

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