CICATRICES HYPERTROPHIQUES ET CHÉLOÏDES   

 M. Revol, J.M. Servant . (mai 2004)

>>> voir aussi le site  "cicatrisation.info"

Plan

Définition

Facteurs de risque

Reprise chirurgicale

Pressothérapie

Corticothérapie

Radiothérapie

 

La phase hyperplasique initiale d’une cicatrice récente peut être pathologique par son intensité et/ou par sa durée, ce qui caractérise les cicatrices hypertrophiques et chéloïdiennes. Ces cicatrices sont très boursouflées et volumineuses, rouges, dures, et démangent beaucoup. C’est l’évolution dans le temps qui permet de distinguer 

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une cicatrice « hypertrophique », qui s’améliore spontanément en 2 ou 3 ans

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et une cicatrice « chéloïdienne » (ou « chéloïde »), qui n’a aucune tendance à l’amélioration spontanée et qui reste stable ou même s’aggrave avec le temps.

On ignore encore actuellement pourquoi surviennent ces cicatrices hypertrophiques et chéloïdiennes. Parmi les facteurs de risque connus qui favorisent leur survenue, il faut citer :

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Les races noire ou jaune, qui sont beaucoup plus souvent atteintes que la race blanche

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L’âge jeune. Très fréquentes chez les enfants, les cicatrices hypertrophiques sont rares chez les personnes âgées.

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Certaines parties du corps : région du sternum, des épaules, cou, lobules d’oreilles (un simple percement de lobule pour boucles d’oreilles peut entraîner de très volumineuses cicatrices chéloïdes), partie inférieure du visage.

Le traitement des cicatrices hypertrophiques et chéloïdes n’est évidemment pas seulement chirurgical. Puisqu’on ignore pourquoi la cicatrice hypertrophique est survenue, il n’y a aucune raison pour qu’elle ne récidive pas après une reprise chirurgicale simple de la cicatrice. La chirurgie peut certes diminuer le volume de la cicatrice lorsqu’il est trop important, mais il est alors nécessaire de la faire suivre aussi rapidement que possible par les 2 méthodes suivantes, qui peuvent souvent aussi être employées seules :

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« Pressothérapie », réalisée avec des vêtements compressifs élastiques confectionnés sur mesure. Elle est très efficace, à condition d’être permanente (jour et nuit) pendant 6 mois environ, ce qui n’est pas toujours réalisable. 

Cette photo démontre bien l'efficacité de la compression permanente sur une cicatrice hypertrophique récente de l'abdomen. Celle-ci est en effet aplatie et souple à l'endroit où l'élastique du slip la comprime en permanence.


Dans le cas très fréquent des cicatrices hypertrophiques du lobule d’oreille, la compression peut être réalisée par des clips d’oreilles dont les plateaux ont été élargis. Dans le cas des cicatrices étendues de brûlures, la pressothérapie est très efficacement réalisée par des douches filiformes sous très haute pression, dans des stations thermales spécialisées (Saint Gervais, La Roche-Posay).

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« Corticothérapie » par injection à l’intérieur de la cicatrice de produits cortisonés à effet prolongé. En raison de la grande dureté habituelle de ces cicatrices, la meilleure méthode pour injecter le produit sous pression dans la cicatrice est d’utiliser un appareil sans aiguille (« dermojet »). Il faut éviter de mettre des pommades aux corticoïdes, en raison du risque d’atrophie progressive de la peau saine voisine de la cicatrice, car il est difficile de ne mettre de la pommade que sur la cicatrice.

Quant à la radiothérapie, qu’elle soit pratiquée par voie externe ou par curiethérapie intra-cicatricielle, elle peut parfois être très utilement associée à la chirurgie de réduction. Cependant elle comporte un risque de cancérisation à long terme de la peau irradiée. Même si ce risque est faible aux doses d’irradiations qui sont habituellement pratiquées, il doit certainement être considéré avant d’entreprendre cette méthode, surtout chez des sujets jeunes, et surtout sur les parties du corps exposées au soleil.